Les maltraitances

7 mai 2009Essais de définitions

Les médias parlent volontiers de violence physique, d’ abus sexuels et de pédophilie. Bien que ceux-ci demeurent graves sinon criminels, il n’en reste pas moins qu’ils ne représentent qu’une partie des dangers qu’encourent les enfants. Les violences psychiques ( emprise hypnotique, terreur) sont peu évoquées. Ces risques sont pourtant là, proches de nous.
Chacun d’entre nous a été enfant ou est parent et a acquis un certain savoir, une connaissance intuitive sur l’enfant. Cette connaissance, cette expérience, ce « savoir-faire » est fondamental. Il lui permet de nouer des liens personnels avec chaque enfant et de saisir quand « ça ne va pas » pour un enfant.
Afin de les aider dans ce ¨ça ne va pas¨ nous allons définir quelques indicateurs qui permettront à tout le monde et surtout aux professionnels de mieux repérer un enfant en danger.

Les Maltraitances


Rappelons que signaler ce n’est ni condamner des parents, ni nécessairement séparer des enfants de sa famille, c’est faire son devoir ; un signalement n’est pas un jugement, ( cf. loi de 1989).

La situation complexe du professionnel face au soupçon d’enfant en danger

Il est important de distinguer la connaissance directe des faits de maltraitance (l’enfant parle, dénonce montre les traces (marques sur le corps)) et d’autre part le soupçon fondé sur des marques visuelles, des comportements, la rumeur ou les témoignages indirects (camarades, voisins).

Toute personne confrontée au soupçon de maltraitance se retrouve totalement seule, avec elle-même, face aux autres. Les maltraitances touchent le plus profond de chacun et le doute s’installe.

Car bien souvent l’enfant « couvre » sa famille, ment sur l’origine des traces qu’il a sur le corps et ne dit pas ce qu’il vit vraiment. Il a honte d’être battu, agressé sexuellement, humilié, ou craint d’être fortement réprimé s’il parle. Le silence étant l’enjeu principal des maltraitances les plus graves, les plus invalidantes psychologiquement.

Ces silences de l’enfant renforcent les craintes du professionnel de se tromper.

Comment différencier l’acte volontaire d’une situation accidentelle ?

Dans ce contexte, les professionnels de l’éducation éprouvent vis à vis des questions de maltraitance une grande culpabilité, un grand désarroi qu’il faut prendre en compte

Ils sont clivés entre le fait de signaler sans preuve objective et celui de ne pas signaler une maltraitance qu’ils soupçonnent.

Ils craignent à la fois d’abandonner l’enfant à sa souffrance et en même temps de signaler à tort. Ce clivage est renforcé par la peur de se voir accusé d’incompétence ou de complicité.
D’où la tentation de banaliser ou de signaler « à tout va ».

Cela d’autant plus qu’il n’existe pas de ¨portrait robot¨ de l’enfant maltraité (tous les âges), ni des adultes maltraitants (les maltraitances touchent tous les milieux socioculturels), il n’existe pas non plus de nosographie médicale, psychologique ou psychiatrique qui permettrait de caractériser avec précision les familles maltraitantes, les adultes maltraitants.

Recueil d’une confidence de l’enfant

Au moment du recueil d’une confidence de maltraitance l’enfant a besoin de rencontrer une attitude bienveillante et sans ambiguïté de la part des adultes. Quelle que soit la gravité des propos de l’enfant il est absolument nécessaire de garder son calme et de réprimer ses émotions ou ses doutes car ceux ci ne manqueraient pas de l’influencer considérablement. L’adulte ne doit pas tenter de faire une enquête, c’est aux services spécialisés de s’en charger. Il suffit que les faits paraissent dignes d’intérêt, crédibles, dans la manière dont ils sont racontés. Même si certains éléments ne sont pas tous très clairs ou logiquement décrits.

Il est important de rassurer l’enfant et de le respecter en lui disant par exemple :

[(
- qu’on le croit

- que c’est bien d’avoir pu parler et de chercher de l’aide

- que l’adulte maltraitant n’avait pas le droit de faire ce qu’il a fait

- que ce n’est pas de sa faute s’il a été maltraité

- que c’est pour les maltraitances que l’adulte sera peut être puni

- que c’est interdit par la loi, qui protège l’enfant
)]

Chacun de ces points est important car parfois l’enfant en arrive à douter de la véracité des maltraitances qu’il subit ou qu’il a subi ou se sent très coupable de révéler ce qui était jusqu’alors un secret. De plus, la personne accusée est souvent respectée sinon aimée.

Si les mauvais traitements ont duré longtemps l’enfant peut avoir acquis une perception déformée des rapports entre enfants et adultes, jusqu’à inclure des actes maltraitants, des humiliations graves comme preuves d’intérêt ou d’affection de l’adulte. L’enfant peut s’accuser d’être la cause du comportement maltraitant en ayant provoqué l’adulte.

Il est nécessaire de conclure l’entretien avec l’enfant en disant que vous allez en parler à des personnes plus compétentes et qu’il pourra redire tout ce qu’il a déjà dit en toute confiance.

Eviter la victimisation

Quelle que soit la gravité ou la banalité des propos de l’enfant, il est extrêmement important de ne pas l’identifier aux maltraitances qu’il a pu subir ou subir encore. L’enfant reste un enfant quel que soit ce qu’il peut dire, quelque soit ce qu’il a subi.
La discrétion est une valeur absolue.

Trop d’enfants, après avoir parlé, ont honte et se sentent coupables de ce qu’ils ont dit, s’identifient à leur malheur ou à leurs mauvais traitements.

Il est important de ne pas changer son comportement à son égard.

Les Maltraitances

Définition générale

La maltraitance de l’enfant s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques, psychologiques ou d’agressions sexuelles, d’absence de soin, de traitement négligent ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir.

2Qui sont les enfants maltraités ?2

Tous les enfants ou adolescents à tout âge, de tous milieux sociaux.

2Conséquences des maltraitances pour l’enfant et l’adolescent2

Quelle que soit la nature de la maltraitance, elle perturbera la vie psychique, relationnelle et parfois sexuelle de l’enfant en lui laissant des séquelles psychologiques voire physiques.

Les différents types de maltraitances

2Les maltraitances physiques :2

Actes commis qui entraînent des dommages corporels ou risquent d’en entraîner : coup, blessures, brûlures.

Mais aussi lorsqu’on constate une absence ou des négligences graves de soins dans un plusieurs des domaines suivants : santé, éducation, nutrition, foyer et condition de vie dangereuse.

2Les agressions sexuelles :2

Tout acte à caractère sexuel dirigé vers un enfant : attouchement, masturbation, exhibitionnisme, propos fortement sexualisés, excitation, visionnage à caractère pornographique, inceste, prostitution.

3Les maltraitances psychologiques :3

Enfant dévalorisé, rejeté, ignoré, découragé, terrorisé ou isolé des liens sociaux, objet d’exigence incompatible avec son âge et ses compétences ou trop impliqué dans des conflits parentaux .

Les maltraitances se présentent sur le mode d’un soupçon déclenché par différents signaux. A part des traces évidentes de maltraitances graves (recueil d’une confidence de l’enfant) aucun signe ne peut en lui-même être considéré comme discriminant, c’est un faisceau de signes qui permet le soupçon de maltraitance.

3Signes de maltraitances physiques3

Ecchymoses, brûlures, contusions, lacérations, griffures, hématomes, alopécie, accidents domestiques répétitifs, malnutrition, saleté, retards psychomoteurs, manque de sommeil.

Brusque arrêt de croissance, automutilations, énurésie et encoprésie insistantes et inadaptées à l’âge, maux de tête, maux de ventre persistants

3Signes physiques spécifiques aux abus sexuels3

Cystites à répétition, irritations, écorchures, hémorragie

3Signes de maltraitances psychologiques et sexuelles 3

Chez l’enfant

Tristesse générale, troubles du sommeil, réflexes de protection (peur d’être battu) peur ou refus de rentrer chez soi, dévalorisation de soi, activité sexuelle compulsive, (masturbation, attouchements, voyeurisme, exhibitionnisme ), changements soudains de comportement ou de caractère, passant de la grande excitation à la tristesse jusqu’à l’abattement, des attitudes anormalement craintives tantôt fusionnelles, séductrices tantôt agressives, violentes sinon provocatrices à l’égard de l’adulte, une baisse des résultats scolaires, phobie du contact physique, de la toilette, de la nudité, provocations érotiques, propos inhabituels pour l’âge, conduites à risques, attrait pour la mort, le suicide, crises de larmes

Chez l’adolescent ou le préadolescent

Troubles de l’alimentation (boulimie, anorexie) absentéisme inhabituel, évanouissements, fugues, dépressions, mutilations, tentatives de suicide.

Signaux verbaux ou comportementaux lorsque l’adulte interroge l’enfant dans le cadre de l’exercice de sa profession.

Quel que soit le moment (récréation, sport, plein air, classe de nature) il n’est pas rare que l’adulte demande à un enfant l’origine d’une marque de coup ou d’un comportement qui l’intrigue.

L’enfant reste muet, nie, se défie, se met en retrait, élude (il se cache, cache sa bouche, son visage, fuit le regard, fixe un objet obstinément, tente de changer de sujet, pleure ou tente de réprimer ses larmes, donne des explications vagues, peu claires, changeantes, contradictoires ou inadéquates, des causes non plausibles, avec son âge ou prétendument causées par lui-même ou par ses frères et sœurs.

Une conjonction de ces divers signes physiques, psychologiques, verbaux, nécessite un signalement.
Si l’erreur d’appréciation est humaine et peut être regrettable, intervenir dans une situation de mauvais traitement se révèle dans l’immense majorité des cas efficace.


404 – Quand Dire Quand Dire
Quand-dire ?

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